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Presse

Il y a 80 ans, le premier transport quittait Malines pour Auschwitz

03.08.2022

Le 4 août 1942, le premier transport quitte la Caserne Dossin pour la Pologne. Ce train déportait 999 hommes, femmes et enfants juifs à destination était le complexe d’Auschwitz-Birkenau, camp de concentration et centre de mise à mort. C’était la première d’une longue série de déportations. Entre 1942 et 1944, la Caserne Dossin a servi de camp de rassemblement pour des milliers de Juifs et de Roms. Au total, 28 transports sont partis et 25 843 personnes ont été expulsées. Seul un sur 20 a survécu à la déportation.

Nous cherchons encore des photos et des histoires de déportés de ce premier convoi. Cette année, nous avons trouvé un portrait du premier transport, celui d’Osias Sonderling. Osias Sonderling avait 32 ans lorsqu’il a été déporté le 4 août. Il n’a pas survécu à la déportation. En novembre 2022, lors d’une cérémonie solennelle, sa photo – ainsi que celles de nombreux autres déportés – sera ajoutée à notre Mur des Portraits.

L’une des 999 déportés, Hanna Karpowitz, 16 ans, a réussi à s’échapper pendant le voyage. Cette réfugiée juive allemande de Bruxelles s’était présentée à Caserne Dossin avec sa convocation. Cependant, elle a refusé son sort et a sauté du train en marche. Malheureusement, son évasion a été de courte durée. Reprise, elle a été déportée par le transport suivant. Elle disparaît sans laisser aucune trace.

Les Juifs ont été sommés de se présenter à la Caserne Dossin munis de leur ordre de travail. Alfred Israel Rosendahl est l’un d’eux. Présentant son Arbeiteinsatzbefehl n° 92, il est le premier inscrit de la liste du transport 1. À son arrivée à Auschwitz, il a été sélectionné pour travailler dans le camp de concentration avec 743 autres déportés. Il succombe après 14 jours de captivité.

Sur les 999 déportés du premier transport, seuls huit survivent à plus de deux ans de captivité dans les camps. Ce 4 août 1942 marque le début de la plus grande vague de persécutions en Belgique. De nombreux Juifs avaient déjà fui l’antisémitisme et ses violences. La déshumanisation des Juifs a précédé leurs déportations.

« De par notre histoire commune, il est significatif pour nous, en tant que société, de réfléchir à la persécution raciale de cette période. Divers mécanismes, qui y ont contribué, tels que le racisme, l’exclusion de groupes de population, la discrimination en raison de l’origine, de la religion, de la conviction, de la couleur de la peau, du sexe, de l’orientation sexuelle, sont toujours présents aujourd’hui. Nous ne sommes pas sans mémoire et ne pouvons rester indifférents. Partager les histoires des victimes, leur donner un visage, est une façon de les reconnaître et d’aiguiser notre vigilance. »
Tomas Baum, directeur Kazerne Dossin

Aujourd’hui, le Mémorial se trouve dans l’ancienne caserne. Vous pouvez découvrir ce lieu serein pour honorer les victimes. Regardez leurs portraits, écoutez leurs noms et découvrez leurs nombreuses histoires.