Une co-fondatrice du Musée juif de la Déportation et de la Résistance nous a quittés
In memoriam Germaine Fischler-Schraub
C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès de Madame Germaine Fischler-Schraub survenu le 25 août 2025.
Née le 29 mars 1936 à Metz, en Moselle, Germaine Schraub était la fille de Benjamin Schraub et de Cécile Zwiebel, la sœur de Simon Schraub.
Germaine et sa famille ont échappé aux persécutions nazies en se réfugiant en Suisse. Dès le début du mois de septembre 1939, alors que les Nazis envahissent la Pologne, la famille Schraub quitte Metz. Après avoir passé quelques semaines à Vittel, Benjamin et Cécile, leurs enfants Germaine et Simon et la mère de Cécile, Anna Zwiebel, se réfugient à Bordeaux de la fin du mois de septembre 1939 à décembre 1940. C’est à Bordeaux que le consul général du Portugal, Aristides de Sousa Mendes, leur octroie les 18 et 19 juin 1940 des visas de complaisance. Ce dernier est reconnu Juste parmi les Nations en 1966.
De décembre 1940 à octobre 1941, Germaine et sa famille vivent à Monts, au camp d’accueil pour étrangers de La Lande. Fuyant le danger, Benjamin emmène sa famille à Marsac, puis, en février 1943, à Nice. En septembre 1943, la famille déménage encore à Grenoble, où elle reste jusqu’en janvier 1944, puis à Valence. Le 11 mai 1944, Benjamin, Cécile, Germaine, Simon et Anna entrent illégalement en Suisse. Ils ne rentrent en France qu’en 1945. Germaine a été reconnue internée politique par la France.
En 1957, Germaine a épousé Abraham (Abi) Fischler et s’est établie avec lui à Anvers. Ils ont formé un couple soudé et complice jusqu’au décès d’Abi (2022). Elle était active au sein du comité de rédaction du Women’s International Zionist Organization (WIZO), où elle a contribué à la lutte pour l’égalité des femmes.
Germaine Fischler figurait parmi les fondateurs du Musée juif de la Déportation et de la Résistance, aux côtés de Nathan Ramet, Georges Schnek et Maxime Steinberg. En 1991, elle occupait la fonction de trésorière dès avant la création de ce musée issu d’une initiative privée. Elle s’est lancée dans l’aventure sans compter son temps, toujours attentive au projet ainsi qu’aux personnes avec lesquelles elle travaillait.
Nous rendons hommage à Germaine, femme forte, humaniste, engagée et passionnée, à laquelle le Musée juif de la Déportation et de la Résistance ainsi que Kazerne Dossin doivent beaucoup. Elle laisse un vide énorme dans le combat pour la mémoire du judéocide en Belgique. Une Mensch vient de nous quitter.
Nous nous associons à la grande tristesse de sa famille et nous lui présentons nos plus sincères et cordiales condoléances.