Du 5 février 2026 au 30 avril 2026, l’espace d’exposition du rez-de-chaussée est consacré aux droits humains. Le studio mo man tai y présente l’exposition invitée Re-campaign – Droits humains. À travers cette exposition, ils souhaitent attirer davantage l’attention sur les droits humains.
Les bannières publicitaires XXL monumentales qui colorent nos rues ont généralement une durée de vie courte : une campagne, un message, puis elles disparaissent dans le circuit du recyclage. Les designers du studio mo man tai se sont toutefois posé une question simple mais puissante : ne pourrait-on pas laisser ces matériaux s’exprimer plus longtemps ? En réutilisant de manière créative les arrière-plans d’anciennes campagnes, le matériau bénéficie non seulement d’une seconde vie, mais le message évolue lui aussi.
Pour cette itération du projet Re-campaign, le studio mo man tai a travaillé avec d’énormes bannières en PET qui recouvraient autrefois des immeubles entiers. En expérimentant avec ce matériau mono-composant robuste — en le découpant, en le restructurant et en jouant avec les couleurs existantes et les détails pixellisés — ils ont créé des panneaux uniques aux couches visuelles inattendues. Dans l’installation, ces grandes formes textiles sont assemblées en portraits colorés, stratifiés et presque abstraits, à travers lesquels les visiteurs peuvent circuler. La lumière, les contrastes de couleurs, les volumes et les graphismes découpés au laser se combinent pour créer une expérience sensorielle à la fois esthétique et réflexive.
Le message commercial n’est plus central ; l’attention se porte désormais sur un sujet qui mérite toute notre considération : les droits humains universels, tels qu’ils ont été définis par les Nations Unies peu après la Seconde Guerre mondiale. Les bannières réutilisées deviennent des témoins silencieux d’une responsabilité partagée : la protection de la dignité, de l’égalité et de la justice. L’installation invite les visiteurs à réfléchir à la manière dont ces droits universels sont visibles ou invisibles dans la vie quotidienne et à la façon dont ils peuvent parfois être mis sous pression.
La présentation de cette installation à la Kazerne Dossin n’est pas un hasard. Ce lieu particulier rappelle ce qui se produit lorsque les êtres humains sont systématiquement réduits à des catégories, des chiffres et des objets — lorsque les droits disparaissent et que la déshumanisation devient la norme. Les droits humains universels sont directement issus de cette histoire. En les rendant à nouveau visibles ici, ils ne sont pas seulement commémorés, mais activement questionnés : comme un cadre vivant qui exige une attention et une défense constantes.